16 jours d’activisme atelier
La province du Nord-Kivu marquée par les conflits, les déplacements massifs, et les besoins
humanitaires augmentent à un rythme alarmant. Mais des nombreuses femmes et des jeunes
filles deviennent aussi des agents vecteurs des violences : harcèlement, diffusion non
consensuelle d’images… Les participantes et participants ont travaillé sur un exemple
concret : titres sensationnalistes, détails inutiles sur la vie privée, reprise d’images
circulant déjà sur WhatsApp, ou encore interviews où la responsabilité de l’auteur
disparaît derrière le comportement de la victime.
« Nous avons parfois contribué à accuser les femmes au lieu de dénoncer clairement
les auteurs. Cette formation m’a montré qu’un bon sujet sur les violences sur le genre
et de la masculinité positive peut aussi être un acte de protection, surtout pour les filles
qui subissent des attaques en ligne ». a indiqué Madame Jeanne MUKUTCHA,
Directrice WeGive HOPE RDC.
UNFPA, en tant que chef de file du domaine de responsabilité VBG, a rappelé
quelques principes simples : nommer clairement l’auteur et l’acte, éviter le blâme de
la survivante, protéger l’identité des femmes et des filles, bannir les images et captures
d’écran qui prolongent la violence, et toujours orienter vers les services de prise en
charge disponibles.
Pour les médias, cela signifie qu’ils ont non seulement un rôle éthique, mais aussi une
responsabilité légale : la reproduction d’images intimes ou de contenus humiliants
peut les rendre complices de violences numériques dirigées contre des femmes et des
filles déjà fragilisées par le conflit.
À l’issue de la rencontre, plusieurs journalistes ont proposé d’élaborer, avec l’appui de
l’UNFPA et des ONG, une mini-charte commune pour la couverture des violences
basées sur le genre, intégrant explicitement les violences numériques. L’objectif : faire
des radios, des sites d’information et des pages en ligne du Nord-Kivu des espaces où
la parole des femmes et des filles est respectée, et non exploitée.

