Goma : Briser le cycle des VBG par l’implication des femmes dans la gouvernance locale

La lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) au Nord-Kivu ne peut se limiter à une réponse médicale ou juridique ; elle nécessite une transformation profonde des structures de pouvoir. Lors de notre récente journée d’échange à Goma, nous avons mis en lumière un lien indéniable : l’implication active de la femme dans le gouvernement local est l’un des remparts les plus efficaces contre les violences et un moteur essentiel de la cohésion sociale. En occupant des postes de décision, que ce soit au sein des comités de quartier ou dans les instances administratives de la ville, les femmes apportent une perspective de sécurité humaine souvent négligée, centrée sur la protection des plus vulnérables et la médiation pacifique des conflits.

La présence des femmes dans les instances de prise de décision change radicalement la manière dont les politiques de sécurité sont élaborées à Goma. Une femme leader est mieux placée pour identifier les zones d’insécurité spécifiques (chemins d’eau, marchés mal éclairés, accès aux camps) et pour plaider pour des solutions concrètes qui réduisent l’exposition aux risques de violences sexuelles. Cette approche inclusive renforce la confiance entre l’administration et la population, car elle garantit que les besoins de 50% de la communauté sont enfin pris en compte. La cohésion sociale ne peut être atteinte si une partie de la population vit dans la peur ; elle naît au contraire de l’équilibre des pouvoirs et du respect de la dignité de chacun.

L’objectif de nos sensibilisations est de passer de la dénonciation à l’action politique. Nous encourageons les femmes de Goma et des environs à briguer des rôles de leadership et à ne plus rester en marge des processus de paix. Lorsque la femme participe à la gestion de la cité, elle devient une sentinelle contre l’impunité et une architecte de la réconciliation. Cette journée a réaffirmé que la lutte contre les VBG est un combat politique au sens noble : celui de l’organisation d’une société plus juste où la voix de la femme n’est plus un cri de détresse, mais une force de proposition pour une paix durable au Nord-Kivu.